Citations

 

 

Cependant, malgré cette tristesse, je ris – je ris diaboliquement. Ne croyez pas que je sois malheureux – non. Si quelqu’un voulait échanger son bonheur contre mon malheur, je n’accepterais pas. Ma fortune ne regarde que moi, et elle me fera triompher ou m’écrasera.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à sa mère. Lisbonne, [1906]. Collection privée

 

Je suis de nouveau à Pont-l’Abbé, et Paris me manque énormément. Si j’y étais – éternelle insatisfaction –, c’est cette noble Bretagne qui me manquerait!
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à sa mère. Pont-l’Abbé, [1907].  Collection privée

 

Ma vie peut sembler idiote aux yeux des autres ; je suis pourtant convaincu que je vis une intense vie artistique – et je suis content.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à sa mère. Paris, [1908]. Collection privée

 

Comme il me paraît intelligent celui qui, plus il aime une œuvre d’art, plus il s’écarte de son imitation!
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. [Paris, 1910]. Collection privée

 

Je possède un esprit compliqué, sujet aux crises, mon état moral et intellectuel subit sans cesse des manifestations violentes de toutes sortes, j’ai plus de phases que la lune. […]. C’est mon sang arabe qui tourne en moi, un sang visionnaire qui bout continûment, superstitieux, profondément tragique.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à Lucie. Espinho, [1910]. Fonds Amadeo de Souza-Cardoso (FCG – Bibliothèque d’Art), ASC 12/09 

 

Les montagnes ont une silhouette qui donne envie de leur passer la main sur l’échine.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à Lucie. Manhufe, [1910]. Fonds Amadeo de Souza-Cardoso (FCG – Bibliothèque d’Art), ASC 12/15

 

Je passe mes journées en compagnie de quelques peintres primitifs, qui sont mes idoles. Je leur dois en partie la grande évolution qui m’a traversé l’esprit. Je bavarde avec eux pendant des matinées entières et ils me disent de grandes choses que j’écoute passionnément. Ces grandes âmes anciennes captent aujourd’hui la plus grande admiration de mon âme.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. Bruxelles, [1910]. Collection privée

 

Cette semaine je partirai à Manhufe pour m’isoler et travailler. Il fait ici un soleil radieux, tant de fois je me dis : si Lucia était ici, comme elle aimerait cette lumière intense, ce pays rempli de choses pittoresques.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à Lucie. Espinho, [1910]. Fonds Amadeo de Souza-Cardoso (FCG – Bibliothèque d’Art), ASC 12/19

 

Certains désignent mon état comme une prétention à me détacher du commun des mortels – qu’ils pensent ce qu’ils veulent, cela m’est égal, j’ai mes raisons et elles me suffisent. Je sais ce qui plaît en général – moi, en général, je déplais. Jusqu’à un certain point, ce n’est pas moins flatteur.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. [Paris, 1910-1911]. Collection privée

 

Qu’une manifestation artistique soit une manifestation intense, une preuve de culture et de joie de la vie! Sans sentiment ni psychologie romanesque. Insensibilité totale du cœur et contrôle total du cerveau. On ressent la souffrance mais on ne la manifeste pas. Le descriptif prouve l’insuffisance du cerveau, l’invective l’existence d’une idée.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. [Paris, 1912]. Collection privée

 

Ma manière de sentir et de comprendre n’a rien à voir avec celle des futuristes ou des cubistes, le seul rapport serait précisément la justification du contraire. […]
Le futurisme est un truc de charlatan sans sensibilité ni cerveau, une camelote du cubisme ; le cubisme est une calligraphie mentale et littéraire.
L’Art, tel que je le sens, est le produit affectif de la nature. La nature est source de vie, de sensibilité, de couleur, de profondeur, d’action mentale, de puissance affective, etc.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. Paris, 5 août 1913. Collection privée

 

À propos de l’art, du travail : je n’ai rien à dire à ce sujet, car j’ai de plus en plus l’impression de me méconnaître moi-même. Ce serait un bonheur suprême que de s’ignorer complètement, de façon à ce que toutes nos actions soient directement l’action du « super-omnia » que nous ne connaissons pas.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à son oncle Francisco. Paris, 28 avril 1914. Collection privée

 

Mon jardin est superbe de couleur et de sève et de lumière. Il y a des fraises à remplir des paniers, de «jeunes et fortes roses». Je suis amoureux. Rimbaud est dans ma chambre.
Lettre d’Amadeo de Souza-Cardoso à Sonia Delaunay. Manhufe, 19 mai 1916. Ferreira 1972, 134

 

Je ne fais partie d’aucune école. Les écoles sont mortes. Nous, la nouvelle génération, il n’y a que l’originalité qui nous intéresse.
Impressionniste, cubiste, futuriste, abstractionniste? Un peu de tout.
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Moreira de Almeida, jornal O Dia, Lisbonne, le 4 décembre 1916

 

Pouvez-vous nous citer les noms de quelques-uns de ces nouveaux artistes ?– Bien sûr. En peinture, Picasso, espagnol ; Derain et Braque, français ; Juan Gris, espagnol ; Boccioni, italien. En sculpture : Archipenko, russe ; Brancusi, roumain. En poésie : Guillaume Apollinaire, Max Jacob, Blaise Cendrars, tous français. En musique : Pratella, italien.
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Moreira de Almeida, jornal O Dia, Lisbonne, le 4 décembre 1916

 

Si la guerre n’avait pas éclaté, j’aurais pu, grâce à la précieuse aide matérielle d’un américain, réaliser un de mes rêves : faire une exposition de mes tableaux à bord d’un grand transatlantique – à l’aller et au retour.
Comme cela aurait été beau! Comme elle aurait épousé mes passions pour le mouvement, pour la vitesse, pour la fièvre de la vie moderne!
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Moreira de Almeida, jornal O Dia, Lisbonne, le 4 décembre 1916

 

Si la guerre n’avait pas éclaté, j’aurais pu, grâce à la précieuse aide matérielle d’un américain, réaliser un de mes rêves : faire une exposition de mes tableaux à bord d’un grand transatlantique – à l’aller et au retour.
Comme cela aurait été beau! Comme elle aurait épousé mes passions pour le mouvement, pour la vitesse, pour la fièvre de la vie moderne!
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Moreira de Almeida, jornal O Dia, Lisbonne, le 4 décembre 1916

 

N’imaginez pas pour autant, cher ami, que j’ai inventé les techniques dont je me sers. Pas du tout. J’étudie d’ailleurs en ce moment la merveilleuse technique des anciens moines peintres. Adaptée à la chimie moderne.
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Fortunato de Sousa Fonseca, Jornal de Coimbra, Coimbra, le 21 décembre 1916

 

L’artiste est un être qui a, comme tout le monde, une vie tournée vers l’extérieur. Il est, autrement dit, un foyer rayonnant qui, à la différence des autres mortels, n’est pas opaque mais traversé de toutes parts par toutes les sensations qui touchent de diverses manières sa sensibilité.
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Fortunato de Sousa Fonseca, Jornal de Coimbra, Coimbra, le 21 décembre 1916

 

J’utilise différentes manières, comme l’huile, la gouache, l’émail, la cire, etc. Il m’arrive aussi d’utiliser plus d’une manière sur un même tableau, de la même façon que je peins plusieurs tableaux simultanément car il m’est complètement impossible de travailler sur une seule et unique toile.
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Fortunato de Sousa Fonseca, Jornal de Coimbra, Coimbra, le 21 décembre 1916

 

Quel beau tableau cela ferait si je réussissais à projeter sur un écran, en même temps, tout l’éclairage électrique, toutes les publicités lumineuses, toutes les voitures qui passent avec une énorme bouteille de champagne ou une publicité du Chat Noir, dans une grande capitale du monde!
Interview d’Amadeo de Souza-Cardoso à João Fortunato de Sousa Fonseca, Jornal de Coimbra, Coimbra, le 21 décembre 1916