Biographie

1887-1904

Amadeo Ferreira de Souza-Cardoso naît le 14 novembre, à 2h30, à Manhufe, paroisse de Mancelos, Amarante. Il est le fils du couple formé par José Emídio de Sousa Cardoso, producteur de vin reconnu, et Emília Cândida Ferreira Cardoso. Il fait ses études au Lycée National d’Amarante et à Coimbra. Il partage son temps entre la propriété à Manhufe et la plage d’Espinho, où il passe ses étés dans une maison de famille située près de la gare. C’est au cours d’un de ces séjours qu’il devient l’ami de Manuel Laranjeira, médecin, poète et essayiste, qu’il retrouve à chacune de ses visites à Espinho, pendant les vacances d’été.

ESpólio Amadeo de Souza Cardoso
Fonds ASC-BA, FCG

1905

Son parcours scolaire l’emmène à Lisbonne, où il fréquente le cours préparatoire de Dessin à l’Académie Royale des Beaux-Arts.

 

Amadeo e familia
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1906

Amadeo s’entraîne à la caricature dans son cercle d’amis. Pendant l’été, il achève sa première année de formation à l’Académie Royale des Beaux-Arts, à Lisbonne. Le 14 novembre, le jour de son 19ème anniversaire, il part pour Paris. Il s’installe dans le centre de Montparnasse et fréquente les ateliers de Godefroy et Freynet pour préparer l’examen d’entrée à l’École des Beaux-Arts, dans le but de s’y inscrire en Architecture.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1907

Amadeo poursuit son activité de caricaturiste et publie ses dessins dans des périodiques portugais. Il choisit la Bretagne pour un voyage artistique – il reviendra dans cette région en 1912. Il rentre au Portugal pour passer Noël en famille, mais aussi et principalement pour annoncer à son père son intention d’abandonner ses études d’Architecture.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1908

Amadeo profite de son voyage de retour vers Paris pour s’arrêter en Espagne. À Madrid, il fréquente la maison de Martínez Sierra, poète et dramaturge espagnol, et il visite le Musée du Prado. À Paris, il déménage à la Cité Falguière, à l’atelier nº 21. Il rencontre Lucie Meynardi Pecetto à la Crèmerie Chaude (Montparnasse).

Espólio Amadeu de Souza Cardoso
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1909

Amadeo se met à fréquenter régulièrement l’Académie Vitti, à Montparnasse, et notamment les cours du peintre espagnol Hermenegildo Anglada-Camarasa. Bien qu’il maintienne son activité de caricaturiste jusqu’à la fin de l’année 1910, Amadeo se met à manifester un intérêt grandissant pour la pratique de la peinture et il poursuit ses études dans cette matière aux Académies Libres de Paris. Il s’installe dans le studio attenant à celui de Gertrude et Leo Stein, au nº 27 de la rue de Fleurus, toujours à Montparnasse. Il rencontre Amedeo Modigliani. Par l’intermédiaire de celui-ci, Amadeo de Souza-Cardoso fait la connaissance de Constantin Brancusi et du sculpteur ukrainien Alexander Archipenko. Le 20 février, le Manifeste Futuriste est publié dans Le Figaro, signé par le poète Filippo Tommaso Marinetti. Le 18 mai, un autre événement marque l’agitation culturelle de Paris : la première représentation des Ballets Russes, de Sergei Diaghilev, au Théâtre du Châtelet. Amadeo revient passer l’été au Portugal et séjourne pendant les vacances à Póvoa do Varzim avec sa famille.

 

1910

Amadeo se rend à Bruxelles avec Lucie. En août, il revient à Paris, puis rentre au Portugal, où il restera jusqu’en novembre, avec sa famille. À Manhufe, Amadeo est surpris par l’agitation politique causée par la Révolution Républicaine du 5 octobre. Il quitte Lisbonne le 7 novembre sur un vapeur allemand et arrive à Paris le 10 novembre, où il passe la fin de l’année. Son amitié et sa complicité artistique avec Modigliani s’intensifient.

Espólio Amadeu de Souza Cardoso
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1911

Le dimanche 5 mars inaugure une exposition dans l’atelier du peintre portugais, désormais situé au nº 3 de la rue du Colonel Combes, près du Quai d’Orsay. Cette exposition présentait des sculptures de Modigliani et probablement aussi quelques dessins de Souza-Cardoso[1]. Le mois suivant, Amadeo participe pour la première fois à une exposition à la portée internationale, que l’on désignera comme la première grande exposition cubiste, le XXVII Salon des Indépendants. Il rencontre le couple Sonia et Robert Delaunay. Amadeo est introduit par l’intermédiaire de Modigliani dans un réseau de relations appartenant à l’avant-garde artistique de l’époque. Amadeo aurait ainsi cotoyé et fréquenté Blaise Cendrars, Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin, Albert Gleizes, Henri Le Fauconnier, Francis Picabia, Marc Chagall, Umberto Boccioni, Paul Klee, Franz Marc et Auguste Macke. Il assiste également aux soirées organisées chez l’artiste toscan Umberto Brunelleschi, au nº 43, rue Boissonade. C’est chez cet illustrateur, scénographe, peintre et collaborateur de la revue L’Assiette au Beurre qu’Amadeo rencontre le peintre et critique d’art américain Walter Pach, qui le présentera, en 1913, au monde artistique nord-américain. Au cours de cette année 1911, il aurait également fréquenté les artistes Alexander Archipenko, Constantin Brancusi et Diego Rivera. Il revient passer l’été à Manhufe.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1912

En février, la galerie Bernheim Jeune, à Paris, présente l’exposition Peintres Futuristes Italiens, organisée par Marinetti et Gino Severini. Au mois de mars, Amadeo participe à une autre exposition déterminante pour les avant-gardes artistiques du XXème siècle, le XXVIII Salon des Indépendants. L’un des articles les plus révélateurs écrit à Paris au cours de cette année-là au sujet de la peinture d’Amadeo est signé Marius et Ary Leblond, les deux fondateurs de la revue bimensuelle La Vie. Publié le 8 juin 1912 sous le titre « Bouche, Segonzac, Moureau, Cardoso », il fait probablement référence aux œuvres présentées par Amadeo lors de ce Salon. Le choix du peintre portugais, un « illustre invité à Paris », est des plus significatifs dans un premier article écrit dans cette revue dans la partie consacrée aux expositions. Amadeo prépare depuis le printemps la publication de l’album XX Dessins. Il développe des relations de plus en plus étroites dans le circuit artistique d’amitiés établi par Modigliani, dont fait partie, outre Brancusi, Benjamin Coria, Gino Severini et Umberto Boccioni. La Closerie des Lilas constitue le point de rencontre le plus couru des artistes et écrivains de Paris. Entre les années 1912 et 1914, Amadeo établit à Paris une profonde relation d’amitié avec le peintre et sculpteur Otto Freundlich. Amadeo et Lucie passent les mois de juillet et d’août à Pont-l’Abbé, en Bretagne. Pendant ces vacances, l’artiste décide de réaliser le manuscrit illustré de La Légende de Saint Julien L’Hospitalier, de Gustave Flaubert. Il s’installe dans un atelier situé au nº 20 de la rue Ernest Cresson. Il participe au X Salon d’Automne, au Grand Palais, qui a lieu entre le 1er octobre et le 8 novembre. Le bref parcours d’Amadeo dans les expositions parisiennes semble alors s’achever et prendre la direction des États-Unis et de l’Allemagne. Il est invité par Walter Pach à participer à l’Armory Show qui aura lieu l’année suivante. Le 11 octobre est inauguré le Salon de la Section d’Or, une exposition manifestement cubiste qui réunit une trentaine d’artistes et deux cents œuvres et provoque de fortes réactions de la critique. À la fin de l’année, Amadeo rentre au Portugal. Il ne reviendra à Paris qu’en mars 1913. Au cours de cette année, la famille d’Amadeo de Souza-Cardoso accepte finalement sa relation avec Lucie.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1913

ArmoryShow
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Au Portugal, pendant les trois premiers mois de l’année, Amadeo continue son travail de divulgation des XX Dessins. Le succès de cet ouvrage est beaucoup plus manifeste dans la capitale française, où il trouve plus d’échos dans la presse. Amadeo est à Manhufe quand est inaugurée l’International Exhibition of Modern Art (Armory Show). Cet événement suit un parcours itinérant dans trois villes américaines : New York, Chicago et Boston. Amadeo expose à Berlin à l’Ester Deutscher Herbstsalon (le Premier Salon d’Automne Allemand), organisé par la galerie Der Sturm, qui a lieu du 20 septembre au 1er novembre. À la fin de l’année 1913 ou au début de l’année 1914, il expose l’album XX Dessins, et probablement les dessins originaux conçus pour son édition, à l’École des Arts et de Hambourg. Après avoir passé les trois premiers mois de l’année au Portugal, à Manhufe, Amadeo part pour Paris à la fin du mois de mars. Il rentre au Portugal en octobre, puis retourne de nouveau à Paris à la fin du mois de décembre.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1914

London Salon
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Il s’installe au 1 Villa Louvat, 38 bis, dans la rue Boulard. L’album XX Dessins est probablement présenté lors de l’exposition Deutsche Werkbundausstellung, qui se déroule à Cologne entre les mois de mai et d’octobre. Une de ses œuvres est montrée à l’occasion d’une exposition aux États-Unis : l’Exhibition of Painting and Sculpture in « The Modern Spirit », qui a lieu entre le 16 avril et le 12 mai à la Milwaukee Art Society (456, Jefferson Street). Il expose au London Salon of the Allied Artists’ Association. En juillet, il se rend avec Lucie à Rocamadour et à Lourdes, où ils arrivent le 26 puis partent immédiatement vers Barcelone, en compagnie de leur ami Leon Solá. À Barcelone, par l’intermédiaire de Solá, Amadeo et Lucie rencontrent Gaudí, le célèbre architecte catalan qui achève cette année-là le Parc Güell. Ils sont logés chez Solá. Le 26 septembre, Amadeo se marie à Porto avec Lucie Pecetto. Le séjour à Manhufe se prolonge plus longtemps que prévu : l’Europe est en guerre et Amadeo se voit dans l’impossibilité de revenir à Paris.

Espólio Amadeo de Souza Cardoso
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1915

Installé avec Lucie dans l’atelier de la Casa do Ribeiro, que son père avait fait construire en 1910, Amadeo occupe son temps entre la peinture, la chasse et les promenades à cheval dans les montagnes environnantes. Robert et Sonia Delaunay se rendent à Madrid puis finissent par s’installer au Portugal, à Vila do Conde, dans la « Villa Simultanée ». Le couple devient un important pôle d’attraction pour les artistes appartenant à la Corporation Nouvelle : les portugais Amadeo, Almada Negreiros, José Pacheco et Eduardo Viana et Baranoff-Rossiné, un peintre russe résidant à Paris. Plus tard se joindront à eux les poètes Guillaume Apollinaire et Blaise Cendrars. Ce groupe organise des expositions itinérantes et se propose de publier des albums artistiques assortis de poèmes. Outre l’ouvrage qui accompagnerait les Expositions Mouvantes, Amadeo se lance avec Sonia Delaunay dans le projet d’un livre. Au cours de cette année, Amadeo fait au moins deux visites à la Villa Simultanée.

Surgit la revue Orpheu, créée par un groupe d’intellectuels de Lisbonne proche des idées de Fernando Pessoa et d’Almada Negreiros. Le futurisme s’assume alors comme un acte fondateur et initiateur du modernisme portugais.

Espólio Amadeo de Souza Cardos
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1916

La première présentation nationale de l’œuvre d’Amadeo est organisée, d’abord à Porto et tout de suite après à Lisbonne. Fernando Pessoa, lui non plus, ne demeure pas indifférent à l’œuvre d’Amadeo, qu’il aura sans doute vue lors de l’exposition à la Ligue Navale. Il affirme ainsi : « Orpheu 3 comportera également quatre hors-textes du plus célèbre peintre de l’avant-garde portugaise – Amadeo de Souza-Cardoso ». Amadeo publie à Porto l’album 12 Reproductions, une édition d’auteur qui a pour but de divulguer son œuvre.

Espólio Amadeu de Souza Cardoso
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1917

Amadeo travaille seul dans les montagnes de Manhufe. Il participe à des projets éditoriaux avec l’artiste et écrivain portugais José de Almada Negreiros (Littoral et K4 : le carré bleu). Au cours de cette année, deux œuvres d’Amadeo – Phare et Tête Noire, toutes deux datées de 1914 – sont reproduites dans la revue Portugal Futurista.

Espólio Amadeu de Souza Cardoso
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1918

Amadeo conserve au long de l’année son envie de rentrer à Paris. Dans l’espoir de fuir une épidémie européenne de grippe espagnole, qui fera cette année-là vingt millions de victimes, il abandonne Manhufe et se réfugie dans la maison familiale d’Espinho, où il meurt le 25 octobre, atteint par la pandémie, à l’âge de 30 ans.

 

Catarina Alfaro

 

 

[1]             Venant renforcer le témoignage de la veuve d’Amadeo, Lucie de Souza-Cardoso, deux documents réfèrent que cette exposition aurait présenté des œuvres des deux artistes : une lettre d’Amadeo à son oncle Francisco, non datée, et le livre de Diogo de Macedo, Amadeo Modigliani e Amadeu de Sousa Cardoso, publié en 1959.

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